En France comme ailleurs, les déficits publics sont trop importants. Il est nécessaire de freiner la progression des dépenses d’assurance maladie.
Le processus de contrôle des dépenses de santé est incroyablement complexe.
Les experts du ministère de la santé et ceux de la « Sécu » planchent actuellement sur l’ONDAM 2012. L’ONDAM, c’est l’ « objectif national de dépenses maladie », une composante essentielle du coût prévisionnel de la Sécurité Sociale. Un des volets de l’ONDAM est intitulé « Dépenses de soins de ville » Il englobe notamment le remboursement des honoraires des médecins libéraux, et le remboursement des médicaments prescrits. Il faut absolument dégager des économies sur la prescription des médicaments, en réduisant le taux de remboursement de certains d’entre eux, en retirant des AMM (autorisations de mise sur le marché), en déconventionnant, en « lissant » les surconsommations locales, en limitant aux cas les plus indiscutables les conditions de prise en charge par la sécurité sociale.

C’est à ce niveau, au milieu de ces énormes machines que sont l’ONDAM et le projet de loi de financement de la sécurité sociale, que se joue l’avenir de nos enfants.

Il est plus facile de déconventionner certains médicaments que d’autres. Les applications de l’hormone de croissance ne mettent pas en jeu un pronostic vital. L’action de l’hormone de croissance est sensible sur le long terme, alors que l’on court après des économies immédiates. Dans le cas des jeunes adultes, l’hormone de croissance ne fait plus grandir, elle empêche simplement de se détériorer, et donc de se désocialiser. Dans le cas de certaines maladies touchant nos enfants, l’hormone de croissance ne fait pas défaut, mais ses effets sont insuffisants sans l’administration d’un complément.

Nous avons appris que la tentation est grande de limiter fortement les cas de remboursement de l’hormone de croissance. Sur le court terme, c’est médicalement assez indolore. Bien sûr, nous savons, et tout le monde sait, que ce serait assez catastrophique à plus long terme. L’ONDAM finance notamment le « Plan d’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques ». Nous ne tenons absolument pas à voir, dans un avenir proche, nos enfants relever de tels plans, simplement parce qu’ils auront cessé de recevoir le médicament qui préserve leur qualité de vie. Et nous préférons voir nos enfants s’assumer, vivre leur vie et contribuer au bien-être général, plutôt que d’être trainés comme des boulets par une société qui ne pourra plus se permettre longtemps de garantir le même niveau de solidarité.

Procéder au déremboursement intempestif de l’hormone de croissance serait une solution de facilité bien tentante quand la poursuite d’économies à court terme aveugle le raisonnement. Ce serait une grave erreur de santé publique. Aucun pays comparable au nôtre n’envisage cette « mesure d’économie ».

En défendant les chances de nos enfants, nous ne sommes pas dans une démarche corporatiste. Leur bien-être est plus important pour la société toute entière (y compris financièrement) que le bénéfice à court terme d’économies qui s’avèreraient vite humainement dramatiques, et durablement dispendieuses pour la collectivité.

Aidez-nous à rester vigilants, et réactifs.

C’est vraiment le moment de se mobiliser pour éviter une grave bévue à caractère bureaucratique. Un objectif obnubilé par l’urgence est trop souvent déconnecté de l’intérêt général.

Jean Yves CHODORGE
Administrateur

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